SECTEUR 4 Les médias exercent des normes professionnelles de haut niveau. 4.1 Le niveau de traitement de l’information obéit aux principes de base d'exactitude et d’équité. Selon les membres de la société civile présents au panel, en matière d’exactitude de traitement de l’information, les journalistes togolais ont encore du chemin à faire. Certains journalistes ne sont pas sortis du journalisme de combat et d’insultes, et avec la compétition, ils publient des articles sans en vérifier l’exactitude. Un panéliste a fait observer que la moindre des choses est de vérifier les informations pour ne pas donner l’impression que le journalisme reste vraiment à construire, en s’attachant à la déontologie. Le taux d’insultes est très élevé. Au niveau des plaintes contre des médias reçues par la HAAC, les éléments qui reviennent le plus souvent sont la non-vérification des faits, et l’incapacité d’apporter des preuves. Beaucoup de journalistes publient des infos que d’autres personnes ont rédigées pour eux. Ils mènent un journalisme de subsistance qui fait que certains se font payer 20.000 francs CFA (40 USD) pour écrire un article. Les insultes et le sensationnel sont donc parfois liés à la recherche de l’argent. Un exemple de manque de vérification de l’information frisant la diffamation est sorti du panel et porte sur le cas de l’ancien directeur général de l’Office togolais des retraites (OTR) sur qui des informations faisant état de sa fuite après son limogeage avec une somme de 25 milliards francs CFA (près de 45 millions USD). Au cours de sa passation de service, il est non seulement venu mais est resté ensuite plusieurs jours dans le pays avant de partir à l’étranger. Selon un panéliste membre de la société civile, un journaliste a écrit l’avoir vu en train de battre campagne aux côtés de l’opposant Jean-Pierre Fabre, alors qu’il n’est militant d’aucune formation politique. Quand il a appelé le rédacteur en chef du journal en question, il lui a répondu avoir reçu l’information d’une source sans en préciser la nature. Son droit de réponse n’a jamais été publié, mais le journaliste rédacteur finira par lui présenter ses excuses en privé. Au cours d’une visite de contrôle aux Brasseries du Togo, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) déclare avoir trouvé sur place deux journalistes venus couvrir sur invitation de la direction commerciale. Trois jours après la visite, leurs journaux ont titré que l’ATC sabote l’économie nationale. Ce qui fait dire à un panéliste qu’il existe un journalisme souvent proche du ‘griotisme.’ 46 BAROMETRE DES MEDIAS AFRICAINS togo 2017