SECTEUR 2

goutte dans l’océan, compte tenu de la multitude des langues locales parlées à
travers le pays. Les langues locales sont inexistantes dans la presse écrite, en partie
parce que la forme écrite de la plupart de ces langues n’a pas été entièrement
développée. Par conséquent, la plupart des Camerounais, même ceux qui parlent
couramment les langues locales, ne peuvent pas écrire ou lire ces langues.
Les médias audiovisuels consacrent aussi des programmes sur la foi à différents
groupes religieux au Cameroun. Traditionnellement, les stations de radio publiques,
privées et communautaires essayent de diffuser des programmes islamiques le
vendredi après-midi et chrétiens le dimanche matin. Le nombre de stations de
radio et de télévision chrétiennes a augmenté au cours des dernières années.
Les stations islamiques voient aussi le jour, en particulier dans la partie nord du
pays et dans les grandes villes. La CRTV diffuse un programme hebdomadaire
sur les questions de foi qui attirent les opinions et commentaires des dirigeants
chrétiens, musulmans et autres dirigeants religieux traditionnels africains. L’Église
catholique publie un journal qui couvre l’actualité d’intérêt général et met en
évidence les points de vue de l’église sur les questions sociales et la vie nationale.
Grâce aux années de plaidoyer de la société civile, la voix des minorités,
notamment des Pygmées et des Mbororos, a gagné de l’importance. Certains
journaux publient des suppléments régionaux qui contribuent à augmenter la
couverture des communautés qui sont souvent laissées de côté dans les journaux
nationaux. Mais il est difficile de dire que ces minorités reçoivent leur juste part
d’espace dans les médias, qu’il s’agisse de la presse écrite ou audiovisuelle. Un
panéliste a concédé que « bien que les minorités soient marginalisées, il ne s’agit
pas d’un acte délibéré ». Les personnes issues des groupes minoritaires sont
généralement timides face aux médias et ne saisissent pas les opportunités qui
leur se présentent à elles pour se faire entendre.
Le Cameroun possède deux langues officielles, mais il semble que l’une d’entre
elles domine les médias. Le français est mieux représenté que l’anglais, en raison
notamment du nombre de personnes qui parle la langue. Le journal public
Cameroon Tribune est officiellement bilingue, mais moins de 20 pourcent de son
contenu est en anglais. D’après un panéliste, « n’importe quel idiot peut voir que
le français est la langue prioritaire pour les « histoires importantes »’ relatées dans
le journal. »

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BAROMETRE DES MEDIAS AFRICAINS Cameroun 2014

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